Group Deep Contact | Body Abysse 2008
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Body Abysse 2008

Body Abysse

crée lors d’une résidence artistique à Point Ephémère, Paris 2008

Une pièce pour huit danseuses, durée 1 heure

Danseuses : Agnés Collorafi, Pascaline Denimal, Fréderique Galliot, Carey Jeffries, Christine Marquez, Claire Mathaut, Fabienne Menjucq, Jessica Rabe, (Marion Michel).

Pendant ma résidence à Point Ephèmere en janvier 2008,j’ai mis en place, et en scène, mes recherches basées principalement sur la danse Contact Improvisation, le Yoga et la Danse Buto. Je voulais voir à quel point une fusion était possible, mais aussi explorer le voyage en continu d’une discipline à l’autre. J’ai nommé cette démarche Deep Contact.

Ma propre expérience dans ces domaines est ma principale motivation.

Le Mouvement Animal

Un autre élément qui m’influence depuis des années est le ‘mouvement animal’.J’ai fait une résidence en 1996 à la ferme pédagogique ‘La futaie’ à Sénart, en plus d’autres projets d’observation d’animaux pour la danse.L’exposition contemporaine Abysse au Jardin des Plantes, sur les créatures qui vivent dans les profondeurs de l’océan m’a bien inspirée (spécifiquement les mouvements des invertébrés).Certaines images ont été projetées sur le fond de la scène pendant la chorégraphie.

Le Dessin

Deep Contact est né aussi de mon souhait de dessiner la danse contact dans la lenteur. Ces dessins deviennent un outil pour la forme, la recherche des états de l’être et la composition chorégraphique.
Un lien continu avec mon parcours en arts plastiques.

Voir en dessus le texte en anglais un Critique de Sophie Grappin-Schmitt parue Paris-art.com

Body Abysse

created during a dance residence at Pointe Ephemere, Paris 2008

A pièce for eight dancers, duration 1 hour
Dancers : Agnés Collorafi, Pascaline Denimal, Fréderique Galliot, Carey Jeffries, Christine Marquez, Claire Mathaut, Fabienne Menjucq, Jessica Rabe, (Marion Michel).

During my residence at Point Ephèmere in January 2008, I put together on stage, my research based principally on Contact Improvisation, and Butoh dance with the influence of Yoga and Tantra. I wanted to see at what point a fusion or meeting was possible, but also to explore le continuous voyage from one discipline to the other. I called this exploration Deep Contact. My own experiences in these disciplines are my principle motivation.

Animal Movement

Another influential element is ‘animal movement’ developed through drawing and video at an artist residence in 1996 at ‘La Futaie’ pedagogic farm in Sénart, nr Paris, observing animals for dance research. The exposition ‘Abysse’ at the Jardin des Plantes, Paris, on deep sea creatures was also an inspiration (specifically movements of the invertebras).Certain images are projected at the rear of the stage during the performance.

Drawing

Deep Contact is also born from my desire to draw dance contact improvisation in slow motion. These drawings become a tool or training for form, a documentation of the states of being, even choreographic composition as well as a continuous link and use my fine art training.

Below is a critic by Sophie Grappin-Schmitt of Paris-art.com

Critique de Sophie Grappin-Schmitt parue Paris-art.com

‘Body Abysse’ de Carey Jeffries

Présentation du travail en cours le 31 janv.2008 à Paris- Point Ephémère Diplômée en arts plastiques, la chorégraphe londonienne s’est consacrée à des études et à des recherches chorégraphiques essentiellement autour de la danse Buto. Depuis 2000, Carey Jeffries pratique le Contact Improvisation et la Composition Instantanée ayant etudié avec Yann Lheureaux, Claire Filmon, Kirstie Simpson et Daniel Lepkoff, Nancy Stark Smith. Quelles sont les limites du corps et comment en jouer ?

Si l’on envisage notre enveloppe corporelle comme une surface, comment doit-on la traiter ?
À travers deux pièces bien distinctes, Carey Jeffries et Véronique Albert interrogent la notion de contour, nous livrant des pistes diamétralement opposées. .

Invité à pénétrer dans le studio alors même que les danseurs sont en place, le spectateur appréhende d’emblée le travail de Carey Jeffries dans sa dimension expérimentale : il s’agit d’une résidence, d’un processus de création dévoilé plutôt que d’un spectacle.Des images de l’exposition Abysses (actuellement au jardin des Plantes) sont projetées sur le mur au fond, tandis que les danseurs s’abandonnent à un massage préparatoire. Et bientôt, ce ne sont plus les mains, mais les corps entiers qui cherchent la rencontre de l’autre ; par binômes, les interprètes s’engagent dans une improvisation de « danse contact » où l’enveloppe charnelle de l’un devient pour l’autre une surface à partir de laquelle déployer un mouvement. Tandis que se multiplient les zones de contacts, de nouvelles possibilités s’offrent aux danseurs et leurs prises de risques se font de plus en plus fréquentes, jusqu’au point où cet abandon de soi s’apparente à de l’inconscience. Alors – juste à temps ? –, les interprètes se séparent, mus par des spasmes, à la façon d’une danse butô, puis se redressent pour quitter la scène par une marche désincarnée.

De la pénombre jusqu’à la pleine lumière, le parcours dessiné par Carey Jeffries tente ainsi l’accomplissement d’un vieux rêve, énoncé il y a plus d’un siècle par Paul Valéry : rapprocher le corps dansant de celui de la méduse, c’est-à-dire le présenter selon une organisation toute autre, informelle, où les enveloppes délimitant le sujet ne sauraient l’enfermer en une figure, mais permettraient mouvements et déplacements. Et l’usage de la technique du butô parachève cette métamorphose puisqu’elle permet à l’interprète de rompre avec son habituelle présence au monde : il ne s’agit plus pour le danseur de posséder un corps mais de s’incorporer, au même titre que l’animal ou le végétal.de quel point de vue il regarde.

Ainsi, la chorégraphe interroge les limites de la perception en même temps que celles du corps, le transformant en un écran capable de filtrer, réfléchir ou masquer la lumière. Les mouvements qu’elle utilise sont très simples, bien loin de l’investissement physique proposé par Carey Jeffries, mais ils sollicitent davantage le regard du spectateur: c’est à lui d’effectuer les mouvements, c’est à son oeil de se fatiguer dans une succession de mises au point. Il s’agirait d’une « danse des regards » telle que l’imagine le cinéaste Stanley Brakhage, émancipée du corps humain et de ses limites.Le regard, justement, glisse trop souvent sur les mouvements improvisés par le groupe de Carey Jeffries pour ne pas s’accrocher parfois à des détails, ces promesses d’histoire que constituent un tatouage, des cheveux blancs … Car explorer les limites du corps, c’est aussi questionner le sujet et son identité. En l’effaçant totalement dans la collectivité ou dans l’ombre, celle-ci nous apparaîtpeut-être plus existante.